BIOGRAPHIE

 

Rubia MATIGNON

 

METTEUR EN SCÈNE - COACH - DIRECTRICE D'ACTEUR

 

UN ITINÉRAIRE BALISÉ

Si les yeux sont le miroir de l’âme, le regard d’ébène et plein de malice de Rubia Matignon en serait un troublant reflet. Un grand éclat de rire, un sens profond et généreux de l’amitié

– la famille de cœur est là – l’œil qui pétille, voilà près de vingt-cinq ans qu’elle promène sa silhouette de jolie môme presque aux quatre coins du globe, une frêle silhouette qui n’est pas sans rappeler celle qui l’a justement faite parcourir le globe, avec ses refrains et sa légende.

 

Parfums d’enfance : Léo, Jean, Mireille, Annie et les autres… Et si on chantait

 

Travelling arrière, toutes.

 

22 février, début des années soixante. La vague yéyé déferle sur l’Europe plus vite encore que les discours du Général De Gaulle. Gérard Philipe n’est plus, Marilyn joue les Désaxées – bientôt pour de bon - Richard Anthony croit entendre siffler les trains et Truffaut a mis Jeanne Moreau en plein tourbillon.

Rieti, une charmante bourgade italienne, à quelques dizaines de kilomètres de Rome. La petite Maria-Rabbia pousse son premier cri. Un cri qu’elle croira plus tard exceptionnel, et raison de l’abandon par ses parents.

Un petit poisson pas encore petit oiseau.

Cinq ans. L’arrivée en France. L’Ardèche - dont on dit bien volontiers que les gens qui y vivent ont le cœur fidèle – voit grandir l’enfant, entourée de livres, de musique et de chansons dans une famille d’accueil. Il fallait lire, lire encore, et lire toujours. Sinon gare. Un beau jour, elle croise un voisin illustre, qui se prend d’affection pour elle, et la fait sauter sur ses genoux, au son de sa musique et de sa voix :

 

C'est extra

Des mains qui jouent de l'arc-en-ciel

Sur la guitare de la vie

Et puis ces cris qui montent au ciel

Comme une cigarette qui prie

 

 

Jusqu’à son adolescence, elle sera bercée par la chanson française, au hasard des concerts et autres tours de chant donnés dans la région par des artistes comme Jean Ferrat, Annie Cordy, Mireille Mathieu, Michel Delpech, au gré de galas d’occasion et de tournées d’été. Eclectique et populaire. Déjà.

 

À quinze ans, celle qui veut désormais devenir médecin a la bougeotte. L’Ardèche, c’est très bien, mais allons voir le monde qui nous entoure, se dit-elle. Son baluchon sur l’épaule, l’enthousiasme et l’inconscience de sa jeunesse pour tout bagage, elle se réfugie un temps chez les sœurs, du côté de Lyon.

18 ans. La Ddass, ça lasse. Direction La Suisse, par un hasard qu’elle voudra heureux.

La belle suit une formation en psychologie, et embrasse la vie à pleines joues, celle-là même qui lui offre son premier enfant. Belle comme le matin, elle est baptisée Aurore.

Premières réelles amitiés avec quelques artistes du cru : Patrick Juvet, Nicoletta… Le milieu des saltimbanques lui plaît. Elle en profite pour lier son travail d’éducatrice au Mouvement de la Jeunesse Suisse Romande et ses nouvelles rencontres en participant aux récoltes de fonds pour l’association « Paris du Cœur » de Thierry Sabine et Daniel Balavoine qui acheminent des motopompes en Afrique.

 

Quart de siècle – au quart de tour

 

25 ans. Elle découvre un soir à la télévision française la toute première cérémonie des Molières.

La chose s’impose alors comme une évidence : elle veut devenir comédienne. Elle veut jouer. Pour pouvoir crier qui elle est. Pour pouvoir inventer sa vie.

 

L’air de Paris

 

Après deux bonnes années passées sous les lambris du prestigieux Conservatoire Supérieur d’Art Dramatique de Genève, et quelques participations sur petit et grand écran, elle veut, en bonne francophone, monter à Paris.

Automne 87, elle entre au Cours Florent, dans la classe libre alors sous l’égide de quelques pointures comme Francis Huster, Raymond Acquaviva, Isabelle Nanty,Denise Bonal ou Jean-Claude Jay.

Durant cette période d’apprentissage de comédie, de Master-classes, de cours de chant ou de masque, d’illustres artistes viennent à la rencontre des élèves. Elle se souvient de sa rencontre avec Edwige Feuillère, des conseils d’Arletty, et des encouragements de Maria Casarès.

En parallèle, comme le veut la tradition, elle court les castings et accroche à nouveau son nom au générique de quelques films et téléfilms.

 

Golden nineties

 

Sa formation chez Florent achevée, elle frappe aux portes du Théâtre public, et se met rapidement à enchaîner les rôles et les collaborations, le plus souvent dans des œuvres contemporaines signées Camilla Saraceni, Jeanne Poitevin, Stefano Scribani, Yann Lester, … mises en scène par Jean-Pierre Vincent, Armand Gatti ou Christian Crozet, Christian Benedetti, Christian Rist, Stéphanie Loïc, Hervé Petit, quand ce n’est pas directement par leur propre auteur.

 

 

1999 - Le tournant de la vie

 

Blondie à l’occasion d’un pari entre amis, elle va même jusqu’à incarner, aux yeux pourtant bridés des asiatiques, la bourgeoise française-type, le temps d’une série télévisée de vingt épisodes intitulée Xiao Xiong à Paris, produite par la célèbre NHK. Eclectisme, quand tu nous tiens…

 

La même année, elle fait une rencontre qui s’avèrera décisive.

Jeune comédien et metteur en scène, Thierry Harcourt, déjà auréolé de ses collaborations avec Jean-Marie Besset en France - et de ses réalisations à l’international – cherche alors un assistant pour ses prochaines mises en scène. Elle relève le défi.

L’amitié nait vite, forte et fraternelle, presque fusionnelle. Durant près de cinq ans, ils ne vont plus se quitter.

 

 

Sébastien Fontaine

2015 - Sopaillpaille

 

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